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Une autre vision de la chute des cheveux

Que faites-vous en tant que coiffeur lorsque le client dans votre fauteuil se plaint de perdre ses cheveux ? Que dites-vous, que ne dites-vous pas et comment traitez-vous le client ?

Texte Sylvia Silvester

Causes

De beaux cheveux sont un atout, ils influencent votre apparence. Chez nous, des cheveux beaux, forts et brillants sont considérés comme un signe de beauté et de santé. Il s’agit d’un élément culturel fort, encore renforcé par les médias et le monde de la publicité. Et les études le prouvent : de beaux cheveux renforcent la confiance en soi, tant chez les hommes que chez les femmes. Mais que faire si vous souffrez de perte de cheveux et que vous en perdez chaque jour, que vous avez des zones dégarnies ou que vous devenez même complètement chauve ?

Qu’est-ce qui déclenche la chute des cheveux ? Plusieurs causes peuvent être identifiées : influences hormonales, causes chimiques (internes et externes), émotions et stress. Pour plus de clarté, rappelons comment fonctionne la pousse des cheveux : la phase active ou anagène dure de deux à sept ans. La phase de transition ou phase catagène ne dure que quelques semaines. C’est la phase pendant laquelle le cheveu cesse de pousser et se détache de l’apport sanguin. Cette phase de repos dure environ 3 mois. Dans une situation normale, environ 90 % des cheveux sont en phase de croissance, mais quand faut-il s’inquiéter de la chute de cheveux ? Il est normal de perdre 50 à 100 cheveux par jour. Ce n’est que lorsque vous perdez beaucoup plus de cheveux, ou que vous remarquez que vos cheveux s’affinent et que des zones dégarnies apparaissent, que l’on peut parler de chute de cheveux préoccupante. En cas de chute de cheveux qui dure plus de 6 à 9 mois, de zones dégarnies visibles et de symptômes supplémentaires tels qu’une fatigue extrême, un changement de poids ou des problèmes hormonaux, il est conseillé de consulter votre médecin.

Influences chimiques

Il va de soi que la chute de cheveux peut parfois être directement liée à des influences chimiques : chimiothérapie dans le cadre de traitements oncologiques, anticoagulants (appelés « fluidifiants sanguins »), antidépresseurs et psychotropes, bêtabloquants, médicaments hormonaux, pilule contraceptive (en particulier au début ou à l’arrêt du traitement), progestatifs à activité androgénique, hormonothérapie, stéroïdes anabolisants, médicaments pour la thyroïde, rétinoïdes, etc. La bonne nouvelle, c’est que dans la plupart des cas, la perte de cheveux causée par des médicaments est réversible après ajustement de la dose ou arrêt du traitement. Il est préférable d’en discuter avec votre médecin.

Le stress, le grand coupable

Nous avons discuté du stress et de l’influence des émotions avec Kristine Franck de Planthaardig, une coiffeuse expérimentée qui a choisi une approche naturelle et des soins capillaires à base de plantes : « La perte de cheveux est littéralement un signe de perte. Et la question qui se pose alors est : pourquoi cela arrive-t-il et que pouvons-nous y faire ? Je constate que cela commence souvent chez un client qui a perdu un proche. Une perte qui s’accompagne d’une grande tristesse. Cela provoque un stress émotionnel, qui augmente le taux de cortisol, ce qui entraîne à son tour un épuisement général du corps. L’apport sanguin vers les follicules pileux n’est plus optimal, et souvent, cette personne commence à manger de manière malsaine, avec beaucoup de sucres (un moyen de se réconforter ;…).

Ces sucres provoquent des inflammations qui affectent à leur tour les follicules pileux. C’est un peu un cercle vicieux : au niveau physique, les follicules pileux se durcissent, et le salon de coiffure cherche alors des produits qui aident à les assouplir. Mais si vous ne résolvez pas le problème à l’intérieur, il persistera ou s’aggravera. Un follicule pileux qui se durcit et finit par mourir est également très sensible aux colorations chimiques et aux silicones. Je vois aussi des clients qui ont eu un cancer et suivi une chimiothérapie et qui sont confrontés à beaucoup de stress émotionnel, d’incertitude, d’anxiété…

Parfois, les effets du stress émotionnel ne sont visibles qu’après quatre à cinq mois, mais il est très difficile d’inverser la tendance à court terme. La plupart des clients veulent une solution rapide et toute faite, mais je leur dis toujours que ce n’est pas possible. J’utilise des produits et des colorations à base de plantes et je crois également en l’utilisation de compléments alimentaires. Si les cheveux ont été trop longtemps dans une phase d’épuisement, vous pouvez commencer par prendre un complément pour reconstituer ce qui a été épuisé.

Par exemple, la spiruline, l’ashwagandha ou d’autres compléments réduisant le stress. Mais parfois, la chute des cheveux est irréversible. Les colorations végétales que j’utilise sont des plantes moulues qui ont un effet apaisant sur le cuir chevelu et sont anti-inflammatoires. Il s’agit en fait d’une sorte de cure. Elles déposent également une couche autour des cheveux, ce qui les rend plus épais et plus volumineux : les cheveux colorés camouflent également la chute des cheveux. Je crois également aux bienfaits des massages du cuir chevelu ! Je les recommande toujours… Autrefois, se brosser les cheveux le soir était une habitude courante, mais nous avons perdu cette coutume. Pourtant, cela active la circulation sanguine et stimule le cuir chevelu. Je recommande également d’inclure le cou dans le massage : brossez de bas en haut. Et encore un conseil : ne lavez pas trop vos cheveux, car cela enlève la couche protectrice naturelle. Le sébum est un après-shampoing naturel….

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