De nos jours, le terme « microbiome » a plus que jamais la cote. Le microbiome cutané est très souvent évoqué par les fabricants de produits cosmétiques. Mais de plus en plus de soins capillaires s’adressent au microbiome du cuir chevelu. Pourquoi ? Qu’est-ce qui le distingue de son comparse cutané ? Comment vos clients peuvent-ils s’y retrouver entre microbiome, microbiote une autre dénomination souvent utilisée ? Plongez au cœur d’un écosystème essentiel à la beauté et à la santé des cheveux.
Texte Barbara Simon
Le terme microbiome vient du grec micro, qui signifie « petit », et bios, « vie ». Il s’agit d’un écosystème spécifique et propre à chaque individu. Il est composé de différents micro-organismes, une sorte de monde microscopique que l’on nomme microbiote. Le microbiome intestinal, ou flore intestinale, fut l’un des premiers à être (re)connu et popularisé. Suivront ensuite les microbiomes cutané et capillaire.

Différence entre microbiome capillaire et microbiote capillaire ?
La différence est la suivante : le microbiote capillaire désigne l’ensemble des micro-organismes (bactéries, champignons, virus, levures) vivant sur le cuir chevelu. Le microbiome capillaire englobe, lui, non seulement ces micro-organismes susmentionnés (le microbiote), mais aussi leurs gènes et l’écosystème spécifique (conditions environnementales comme le pH, le sébum, etc.) qui les entoure, formant ainsi un « écosystème » complet. Par analogie, on pourrait dire que le microbiome est une maison et le microbiote ses habitants.
Quelle est la composition du microbiome capillaire ?
Le cuir chevelu est caractérisé comme une zone grasse particulièrement riche en micro-organismes et en glandes sébacées, surtout situées à la base des follicules pileux. Parmi les micro-organismes, citons des bactéries et levures (champignons), ces dernières étant lipophiles, c’est-à-dire qu’elles ont des affinités avec les lipides qui vivent au sein des sécrétions du cuir chevelu. Les plus connues sont les Malassezia (Restricta et Globosa). Les principales bactéries du cuir chevelu sont, elles, les suivantes : les Cutibacterium Acnes et les Staphylococcus Epidermidis. Bactéries, levures aux dénominations parfois barbares forment un écosystème indispensable à la santé, au bien-être et à la beauté des cheveux. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il maintient l’équilibre ou pH du cuir chevelu, qu’il nourrit les follicules pileux, qu’il favorise la (re)pousse des cheveux, qu’il protège le cuir chevelu, tout en prévenant aussi certains inconforts capillaires comme les pellicules, la chute des cheveux ou encore la dermatite séborrhéique (affection du cuir chevelu).
Quel est le rôle du microbiome sur le cuir chevelu ?
Un cuir chevelu sain est le garant de la beauté des cheveux. Lorsque le microbiome est équilibré, le cuir chevelu est en pleine forme et les cheveux sont éclatants. Il convient de maintenir un état d’équilibre physiologique du microbiome pour avoir une peau et, dès lors aussi un cuir chevelu au top. La rupture de cet équilibre (dysbiose) entre les micro-organismes peut se traduire par la prolifération de certaines espèces au détriment d’autres. Conséquences ? Des fonctions de défense du cuir chevelu altérées, voire dégradées. Concernant, par exemple, les états pelliculaires, notez que ce sont les levures Malassezia qui prennent l’ascendant sur les bactéries Cutibacterium Acnes. Il faudra, dans ce contexte, rééquilibrer le microbiome en détruisant les mauvaises bactéries et en veillant à ce que les bonnes prennent l’ascendant. Des soins spécifiques en salons/à domicile feront très bien l’affaire. Vos clients peuvent s’inquiéter de l’état de santé de leur microbiome capillaire. Voici les signes qui doivent vous/les alerter en cas de déséquilibre : gêne ou inconfort capillaire, démangeaisons, irritations du cuir chevelu, pellicules, perte de tonicité et d’élasticité des fibres capillaires, manque d’éclat, etc.

Les causes d’un déséquilibre du microbiome capillaire (liste non exhaustive)
- Pollution ;
- Utilisation de produits capillaires agressifs ;
- UV, vent, sel marin, chlore ;
- Médicaments ;
- Certaines maladies ;
- Fluctuations hormonales ;
- Régime alimentaire carencé en vitamines, minéraux et oligo-éléments ;
- Stress ;
- Torsions et/ou coiffures capillaires ;
- Qualité de l’eau de lavage ;
- Séchage avec une chaleur trop élevée.
Les principales fonctions du microbiome capillaire (liste non exhaustive)
Fonction protectrice : les micro-organismes fortifient la barrière cutanée du cuir chevelu et le protège des agents pathogènes et des inflammations ;
Fonction de croissance et nutritive : le microbiome, lorsqu’il est équilibré, permet d’éliminer les toxines, de renforcer les cheveux et de favoriser leur (re)pousse ;
Fonction de stabilisation du pH : le pH du cuir chevelu est légèrement acide. Il le stabilise pour assurer pour une bonne flore microbienne ;
Fonction immunitaire : le microbiome permet de réguler la réponse immunitaire locale du cuir chevelu.
Rôle du microbiome cutané dans l’apparition des pellicules
La levure Malassezia restricta serait l’un des principaux responsables des pellicules. Des recherches scientifiques ont montré que ce type de levure serait jusqu’à dix fois plus présent sur le cuir chevelu d’une personne avec des pellicules que sans. Certaines inconnues subsistent encore concernant le mécanisme qui entraînerait l’apparition de pellicules, mais de nombreuses études scientifiques sont en cours et devraient bientôt lever un coin du voile. Notez que le sébum présent sur le cuir chevelu, dont se nourrit la levure Malassezia, est essentiel à la formation des pellicules. On peut donc en déduire que sans production de sébum, il n’y aurait pas d’état pelliculaire. N’oublions pas les prédispositions individuelle et/ou génétique/familiale. Enfin, il est de notoriété publique que certaines personnes sont plus sensibles aux pellicules vu qu’elles présentent un cuir chevelu particulièrement sec ou très gras.

Et côté produits capillaires ?
Veillez, en salon, à privilégier la discussion et les explications sans créer de gêne, de sentiment de culpabilité (infondé), et à renvoyer chez un dermatologue si nécessaire. Préférez les soins doux, non irritants et non agressifs. À base de pré- ou probiotiques. N’hésitez pas à recommander des pré- ou probiotiques (disponibles en salons ou sur les sites Internet dédiés). Informez vos clients qu’une routine capillaire influencera l’état de leur microbiome capillaire. La fréquence des lavages (en salon/à domicile) est à adapter selon les cas : trop de lavages peut se révéler agressif, trop peu n’est pas bon non plus. Mieux vaut éviter les soins capillaires à base de sulfates ou de certains conservateurs qui peuvent perturber la flore microbienne et, dès lors, éliminer les micro-organismes du cuir chevelu qui sont bénéfiques à la santé des cheveux. Privilégiez des produits au pH doux pour favoriser l’équilibre du cuir chevelu. N’hésitez pas à rappeler à vos clients que la gestion d’un bon microbiome se fait au quotidien, en respectant scrupuleusement une routine anti-déséquilibre du microbiome (comme susmentionné dans la partie dévolue au déséquilibre du microbiome).


