70 ans de Dessange
La chaîne française de coiffure Dessange vient de souffler ses 70 bougies. Mais depuis que l’enseigne a introduit le concept de franchise dans notre pays il y a plus de 50 ans et a déclenché un véritable phénomène de mode, qu’est-ce qui a changé ? Franchise ou entreprise en compte propre ? Quel est le meilleur choix pour un jeune coiffeur aujourd’hui ? Nous avons posé la question à Jean Noël Guillemain, directeur de Dessange Bruxelles-Brugmann.
Texte Anja Van Der Borght
Depuis combien de temps travaillez-vous déjà chez Dessange ?
JNG : « Ce salon de l’avenue Brugmann à Bruxelles a fêté ses 50 ans en décembre dernier. C’était la première franchise en Belgique et j’y travaille moi-même depuis 28 ans. Mon associé de l’époque était français et avait ramené la franchise de Paris dans notre pays. Au fil du temps, 26 salons se sont succédé à Bruxelles, en Flandre et en Wallonie. Aujourd’hui, il en reste dix, dont cinq à Bruxelles. »
Pourquoi avez-vous rejoint Dessange à l’époque ?
JNG : « Je travaillais à l’époque dans un grand salon dans le style de Roger, mais j’en avais assez. J’ai longtemps réfléchi à ce qu’il fallait faire et je me suis dit : pourquoi pas une franchise ? La franchise était alors en plein essor ; il y a 30 ans, il y avait des franchises partout. En outre, Dessange était plus moderne, plus en phase avec son temps. Et puis j’ai reçu une offre. »
Quelle est, selon vous, la grande différence entre travailler dans une franchise et gérer sa propre entreprise ?
JNG : « Une franchise est synonyme d’une certaine image. En tant que coiffeur, vous pouvez bénéficier de toute une structure de publicité, de formation, de produits et d’une vision internationale du monde de la coiffure. Une structure plus petite et indépendante est plus axée sur une petite équipe. Avec une franchise, nous avons des affiches, des magazines, internet… Nous avons beaucoup d’outils qui peuvent nous soutenir. »
Une franchise peut également imposer des restrictions ?
JNG : « Il y a des restrictions, mais je ne les ressens pas vraiment comme une limitation. Nous avons la chance de travailler dans un très beau salon, avec une gamme de produits limitée mais de grande qualité. L’équipe en France réfléchit très bien. Nous ne faisons rien au hasard. Il y a aussi une évolution constante. Chez Dessange, il y a des formations de suivi, nous envoyons des collaborateurs à Paris pour divers cours. Cette formation continue est tout simplement géniale. »
Il y a trente ans, les franchises étaient très à la mode. Recommanderiez-vous aujourd’hui à un(e) jeune coiffeur(euse) de se lancer dans une franchise ou plutôt de ne pas le faire ?
JNG : « Si quelqu’un a l’esprit d’entreprise, une franchise offre un bon soutien. Mais il faut que ce soit une franchise de qualité. Cela dépend de ce que l’on veut : créer sa propre petite entreprise ou avoir la possibilité de se développer, par exemple en ouvrant un ou plusieurs salons. Mon associé possède deux salons, l’un ici et l’autre à Fort Jaco. On peut aussi évoluer au sein d’une franchise. Au début, j’avais peur d’y perdre ma personnalité parce qu’il y a une uniformité. Mais finalement, ce n’est pas si important. Ce qui compte, c’est la personne que l’on est. Qui plus est, la franchise autorise aussi une bonne part de créativité. »
Dans l’ensemble, qu’est-ce qui vous plaît le plus chez Dessange ?
JNG : « La technique. Ils ont une très bonne technique de coupe que tout le monde apprend chez nous. C’est très important. »
Pourquoi ?
JNG: « La technique a été développée il y a plus de 50 ans par Jacques Dessange et elle est très bien conçue. C’est une technique assez simple, facile à apprendre par les jeunes. On peut aussi développer la technique. Aujourd’hui, on travaille davantage avec des rasoirs, par exemple. Ce que j’apprécie aussi chez Dessange, c’est qu’il y a de tout. Des shampooings, bien sûr, mais nous faisons aussi des mèches, des colorations…. avec les produits de coloration Dessange. Tout vient de Dessange, sauf la laque et les fixateurs, qui viennent de L’Oréal Professionnel. Nous avons aussi une très bonne laque chez Dessange, mais je préfère celle de L’Oréal. Dessange offre vraiment un univers complet autour de la beauté. Ici, à l’étage, nous disposons également d’un vaste institut de beauté où l’on peut se rendre pour des soins du visage et du corps. C’est ce que j’aime chez Dessange : c’est un univers holistique bien pensé, avec une équipe stable à Paris. Pour nous, c’est très important. Nous savons que lorsque nous appelons Paris pour de la publicité ou du marketing, nous avons généralement les mêmes personnes au bout du fil. C’est une équipe très soudée, avec une atmosphère familiale. Cette exhaustivité est cruciale pour moi. »

Dessange – Coiffeur Bruxelles Brugmann, Brugmannlaan 229, 1050 Elsene, tel. 02-344.56.70, www.dessange.com


